Le Sexe sale
À 5 ans, envoûtée par ses orgasmes d’avant-dodo, elle est certaine que Dieu va la punir de s’adonner à cette perversion. Elle est déjà une chose si sale. Dieu la sait sale. Dieu sait tout, mais, elle, elle ne sait rien. Dans sa pénible quête pour vaincre son ignorance des choses sales, elle bute sur les tabous qu’on lui sert et qu’elle se forge.
Mais le pire est à venir. Elle sera bientôt piégée : pour être aimée des garçons, il lui faudra se laisser dévorer le sein. C’est le prix à payer : être salie pour être aimée. Toujours « entrer au cœur » par la porte du sexe avec, au ventre, cette terreur d’être taxée de putain.
Quelque 20 ans après ses premiers péchés d’oreillers, elle entreprend un véritable face-à-face avec le Mal. Elle veut casser ses tabous, mais, plus encore, en casser la violence. La violence faite à l’âme de ceux qui ont le malheur de transgresser les tabous.
Au cours de ce voyage en sa nuit, elle fait un pied de nez à sa plus grande frayeur, cherchant l’audace d’être ce qu’elle a tant redouté.
Constamment épiée par la morale, elle plonge dans l’arène de ses monstres. Elle se retrouvera seule juge à son propre tribunal d’inquisition.